Des questions existentielles

Depuis un moment, il me vient des « questions à la con » dignes d’un « Oui mais Maman, pourquoi ? » que tout parent digne de ce nom exècre. Il y a belle lurette que je ne les pose plus à mes parents, bien sûr, et je ne les pose habituellement pas à voix haute non plus, histoire de ne pas passer plus que nécessaire pour une extra-terrestre. Mais si vous êtes sur ce blog, c’est que vous connaissez déjà ma propension à partir dans des délires plus fous les uns que les autres. Je ne résiste donc pas à l’envie de vous en faire part (tant qu’à avoir la fenêtre de mon blog ouverte, autant profité de mon retour sur la scène publique).

Maman, pourquoi les hommes… ?

Pourquoi les hommes, c’est pas comme les chats ? Pourquoi un chat malade se fait-il attaquer et rejeter par la meute alors que nous, on s’obstine à créer des machines et des bidules qui améliore la vie ? Pourquoi un chat malade va-t-il se faire tuer par ses pairs alors que nous, nous refusons l’euthanasie ? Et dis Maman, pourquoi un maître euthanasie-t-il son chat malade ou trop vieux alors que nous la refusons pour nous même ? Parce que nous sommes civilisés ? Mais alors, la civilisation, c’est bien ou c’est mal ? Qu’est-ce que ça signifie à propos de notre amour pour nos animaux ? Et sur l’égalité entre les animaux et nous ?

Maman, pourquoi les femmes… ?

Dis, Maman, pourquoi les animaux, ils savent quand une personne est malade ? Il paraît qu’il y a des chiens qui sont dressés pour détecter des cancers. C’est vrai ça Maman ? Et si c’est vrai, pourquoi les humains ne sont pas capables de faire la même chose ? Et pourquoi une femme ne sait pas tout de suite quand elle est enceinte alors qu’une chatte le sait ? Et pourquoi elle ne sait pas toujours quand elle va être menstruée ? Pourquoi nous avons perdu notre instinct ? Maman, le Monsieur à la télé il a dit que notre génération avait 25.000 fois plus d’informations à traiter que nos ancêtres des cavernes. Est-ce que ça veut dire qu’on n’a plus de place dans notre cerveau pour traiter les bonnes informations ?

Maman… est-ce que l’espèce humaine va mourir dis ?

Affaire d’État et de vestiaire

De mon temps à moi, les enfants de tous sexes faisaient du nudisme sur les plages jusqu’à 5 ou 6 ans sans qu’on crie à la pédophilie ou à l’attentat à la pudeur, les jeunes filles et femmes se retenaient à peine d’en faire autant et sortaient plus souvent qu’à leur tour en monokini sans que d’autres femmes ne viennent leur casser la gueule, tandis que les grand-mères habillées comme un dimanche, parfois avec un fichu sur leur tête, venaient mettre le bout de leurs orteils dans le sable chaud sans que des hommes ne viennent leur gueuler dessus pour les défroquer. Et les trois âges cohabitaient sans se marcher sur les pieds.
De mon temps à moi, on n’avait que sa grand-mère, les voisins et l’église le dimanche pour dicter la décence de l’habit, mais tout le monde s’en foutait et être femme signifiait s’habiller comme on voulait sans avoir peur de se faire siffler ou huer par femmes ou hommes selon la tenue.
De mon temps à moi, la religion, c’était privé. Ce n’était ni l’affaire de l’état, ni du maire, ni des voisins. Et parce que c’était privé, on la vivait chez soi ou en communauté privée. Nul n’avait besoin de faire de l’excès de zèle ou de s’afficher outrageusement comme croyant.
 
Aujourd’hui, je vois de partout des gens qui veulent interdire le burkini au nom d’un anti-radicalisme, au nom des droits de la femme, au nom de…
Je vois des gens qui veulent l’autoriser sous prétexte que … la liberté des droits de l’être humain… qui commencent par « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », donc chacun est libre de s’habiller comme il veut et non pas comme un état, un mari, un frère ou même une mère n’a a décidé pour lui ou elle.
 
Le problème, soulevé par des légions entières d’anti-islamistes, n’a jamais été le burkini. Ce vêtement n’est qu’un symbole, un symptôme. Symptôme du fait qu’à notre époque, il devient nécessaire de publiciser sa foi alors même que la religion devrait être privée. Pire, la foi devient une affaire d’État, un argument politique incisif, alors que tout État digne de ce nom se doit d’être laïc pour servir son peuple, qu’il soit voilé ou à poil. Comme tout symbole, le burkini est un étendard qui cache autre chose, une provocation qui déchaine les foules. Un vêtement qui prétend permettre aux femmes voilées de profiter d’une plage qu’elles ont boudée, faut-il le rappeler, pendant 2000 ans. Le problème n’est pas le vêtement. Il est ce qu’on en fait. Comme d’habitude.
Et de mon temps à moi, le burkini n’existait pas.
 
Mon temps à moi, c’était il y a à peine 25 ans… Pauvre monde. Pauvres femmes. Pauvre temps.

Maggie

★★★★☆

Maggie – Henry Hobson – Quand j’ai vu la bande annonce et le synopsis, je me suis dit « oh non, pas encore un film de zombies », mais ce n’est pas ça. C’est même loin d’être ça. Le casting, qui a agrémenté ma peur du navet hollywodien survu et surjoué, est d’autant plus surprenant qu’il ne s’agit pas non plus d’un film d’action. Maggie est un film d’humanité et de sentiments, qui raconte l’histoire d’un père, joué par Arnold Schwarzenegger, tourmenté par la contamination de sa fille (Abigail Breslin).

J’ai hésité entre 3 et 4 étoiles, mais tout en sachant qu’il ne vaut pas exactement 4, je ne parviens guère à lui trouver des défauts, sauf à être fan inconditionnel de films de zombies traditionnels s’entend. Or, non seulement les acteurs sont doués et nous embarquent facilement dans leur mélodrame, mais le réalisateur parvient à nous faire oublier qu’il s’agit d’un film de zombies. Si le thème demeure, il n’est qu’un prétexte à quelque chose que le huis-clos rend encore plus intimiste. La zombification de la fille aurait pu être n’importe quelle maladie dégénérative normale. La véritable histoire, c’est le désespoir du père et la lutte lente et inexorable qu’il mène pour tenter de sauver sa progéniture.

Le film est vibrant d’émotions, le duo des acteurs principaux, qui nous ont habitué à un tout autre registre (on pense à Bienvenue à Zombieland), possède une présence à l’écran qui fascine et qui nous transporte aisément d’un bout à l’autre du film sans fausse note. On est loin, très loin, du classique film d’horreur/épouvante. De peur, il n’y en a point. Il y a du drame, de la résignation, de la tendresse et de l’amour. De l’humanité, même du côté des zombies, que l’on présente ni plus ni moins que comme des lépreux.

Un film surprenant donc à bien des égards, qui ne plaira peut-être pas aux mordus du genre, mais qui peut en séduire plus d’un autrement.

 

Des cordes et des arcs…

Aujourd’hui, flashouillage de mes parterres de fleurs, délicatement arrosés de rosées matinales sous un soleil radieux. Et comme luminosité et eau étaient au rendez-vous, j’en ai profité pour faire de la macro. Macro dont j’ai publié les photos sur facebook. Une amie, qui me suit depuis un bon moment dans toutes les variantes de mes créations, a commenté l’album « Encore une corde à ton arc… un jour tu m’en feras la liste si tu n’es pas trop occupée ».

Vaguement amusée, je me suis dit que ça pouvait être une bonne idée et que ça permettrait de me présenter un peu plus formellement que par textes divers interposés.

  • Le dessin

Je dessine depuis des années, depuis que je suis enfant en fait. C’est mon premier passe-temps.

  • L’écriture

J’ai commencé à créer des histoires à l’âge de 11 ans, réécrivant des romans que j’aimais bien, inventant des contes pour ma mère (le monde à l’envers)

  • Le tricot

Quand j’étais enfant, je voulais apprendre à tricoter comme mon arrière-grand-mère. C’était enfantin et j’ai essayé, mais sans succès. J’y suis revenue cette année et ce n’est pas elle qui m’a appris, ce que je regrette. Mais je m’essaye et j’aime la tranquillité que ça m’apporte.

  • La lecture

Mes parents ne m’ont jamais fait la lecture le soir, j’ai lu très vite et toute seule. J’ai dévoré des romans dès mon plus jeune âge, romans de toutes sortes car j’adorais les mondes imaginaires. C’est encore chez mon arrière-grand-mère que tout a vraiment commencé, quand j’ai trouvé sur ses étagères les Misérables en quatre tomes, les Trois Mousquetaires et ses suites, Sans famille et suite, etc. Des souvenirs et des livres que je chéris toujours autant, vingt ans plus tard.

  • Les orchidées

Je ne sais pas trop d’où m’est venu cette passion. J’ai toujours aimé ces fleurs, mais je n’ai pas réussi à les garder comme il faut pendant longtemps. Et puis un jour, l’une d’entre elle a refleuri, et j’en ai acheté une deuxième, puis une troisième… et j’en ai aujourd’hui plus d’une douzaine qui refleurissent toutes en hampes magnifiques. Je collectionne les hybrides et saute toujours sur l’occasion d’une nouvelle couleur. Bien que je n’ai pas encore eu la chance d’avoir mes propres fleurs fécondées, j’ai trois petits heikis qui pointent le bout de leur nez sur une rescapée.

  • Le jardinage

Rien ne vaut la beauté d’un jardin entretenu et le goût unique des fruits ou légumes que l’on fait pousser soi-même. Depuis que je suis gamine, la moindre graine que je trouve finit dans un pot de terre. Ont ainsi poussé pêle-mêle des dates, des oranges, des citrons, des pommes, des poires, des litchis, des kiwis. Et aujourd’hui, outre cinq poiriers, j’ai des bébés kiwis et un potager bien à moi !

  • La cuisine

J’ai appris à cuisiner assez jeune et j’aime bien inventé des nouveaux plats. J’aime autant leur présentation que leur composition et il m’arrive de faire des services à l’assiette juste pour le plaisir de voir un mets joliment agencé avant de le goûter. Il est rare que je fasse une recette toute faite, j’innove et réinvente, même quand je refais quelque chose que j’ai déjà fait.

  • Le tissage d’attrape-rêves

Quand j’ai commencé à travailler, j’ai d’abord travaillé dans un verger, à la cueillette des pommes. J’y ai rencontré un Algonquin qui m’a transmis l’une de ses traditions : le tissage d’attrape-rêves. Comme le tricot, j’adore le calme que ça donne. Et puis en décoration, c’est toujours beau !

  • La photo

Ça, je tiens ça de ma mère : elle aime beaucoup la photo, a pris des cours plus jeune. Je n’en ai pas pris, mais elle m’a transmis l’amour d’une belle scène. Depuis que j’ai un appareil entre les mains, je dois avoir pris plus de 25.000 photos. Je fais beaucoup de macro d’insectes et de fleurs, qui représentent une autre de mes passions !

  • Les insectes

La faune des insectes est absolument fascinante. Les variétés des formes, des couleurs, des fonctionnements sont étonnantes et captivantes. J’ai élevé des araignées, pour le plaisir de voir une mère construire un terrier ou promener ses bébés sur son dos. J’ai élevé des fourmis pour comparer leurs modes de vie et leur facilité à s’adapter. J’ai élevé des chenilles pour voir quel papillon elles donneraient (on n’avait pas encore inventé Internet à cette époque là…), j’ai élevé des grillons pour… nourrir les crapauds qui nourrissaient les serpents… heum 😀

  • Les serpents

Passionnée ? Oui, mais depuis peu. Je ne suis pas phobique, je n’ai jamais eu peur du noir, des araignées, des serpent, des méduses, des vers (et poursuivez la liste à votre guise, même pas peur). Et le verger sus-mentionné (celui de l’attrape-rêve) m’a apporté son lot de découvertes : un jour, j’ai vu un serpent dans l’herbe. J’ignorais s’il était venimeux ou non, car j’ignorais tout des serpents jusqu’alors. Mais je l’ai attrapé (et me suis fait mordre par la même occasion) et je l’ai gardé. C’était ma première couleuvre. Depuis, j’en ai eu quatre autres… et des bébés ! J’ai gardé six des vingt bébés et j’entends bien les accoupler à nouveau.

  • Les chats

S’il y a deux passions avec lesquelles je ne pourrais pas vivre, c’est les chats et l’écriture. Depuis que je suis enfant, j’ai des chats. Je dors avec des chats, je travaille avec eux, je vis avec eux. Ils naissent avec moi, grandissent avec moi, vivent avec moi. Et c’est THE grande histoire d’amour de ma vie.

  • Le piano

Le piano, c’est une passion que j’ai un peu abandonnée : je n’en fais plus depuis plusieurs années et si j’ai pris des cours, j’ai surtout appris seule car les cours ne me convenaient pas. Pas adaptés à mon rythme.

Et voilà pour le tour de mes passe-temps. J’aimerais bien tester la poterie, la peinture me tend les bras depuis quelques temps et le dessin graphique également. J’adorerai faire de l’illustration pour des romans, mais pour l’instant, je n’en ai pas le talent. À suivre donc, peut-être bientôt, qui sait.

Et avec tout cela ? Et bien je trouve le temps de m’ennuyer, car je fonctionne par cycle et ne m’adonne qu’à une passion à la fois…

En parlant de motivation

Des fois, je me dis que ça a du bon d’écrire un blog. Ça motive. On parle d’un truc et hop, y’a une sorte de déclic qui se fait et on se dit que ça pourrait changer. On sait jamais, on a le droit de rêver.

Bon, en général, un rêve ça ne dure jamais longtemps, la motivation apparemment, pas trop non plus. Après l’article d’hier, je me suis dit qu’il faudrait quand même me résoudre à régler mes démarches administratives. Genre demander mon nouveau numéro d’assurance sociale, vu que j’ai perdu mon ancienne carte en 2009, écrire une énième lettre recommandée à mon abruti de banquier qui est capable de m’envoyer une lettre pour me réclamer le solde d’un compte à découvert, mais incapable de fermer le dit compte quand on le lui demande pour la troisième fois (en même temps, normal qu’il soit à découvert le compte, il n’y a rien dessus depuis cinq ans, connard), que je réclame les 30$ prélevés indument par ces voleurs d’UPS (vous avez remarqué, l’administration, c’est une coalition de connards, d’abrutis et de voleurs, payés pour vous faire chier), que je fasse ma déclaration d’impôts (et que je leur demande un rectificatif sur les cinq dernières années aussi tant qu’à faire), que j’envoie mon CV (pour avoir du boulot, c’est mieux), que je… Bref.

J’avais bien commencé hein, j’ai envoyé mon CV. Ce qui signifie que j’ai commencé par le finir (oui oui, cherchez pas la logique). Il était en cours depuis cinq mois quand même. Procrastination. On disait quoi déjà, à propos de procrastination ? Ensuite j’ai rédigé une belleeeee lettre. Si si, je suis fière. Je l’ai même finie d’une traite. Bon, j’ai peut-être fait une ou deux pauses… Mais je l’ai finie et j’ai tout envoyé à une boîte qui cherchait des correcteurs ! J’ai même posté une annonce sur facebook. *Fière de moi*

Après ? Ben… je me suis perdue dans quelques épisodes des Cités d’Or et de Game of Thrones (fameux soit dit en passant, je vous le recommande) puis j’ai oublié que j’avais des trucs à faire. J’ai entrepris de faire un dossier pour mon futur cours, ce qui s’est soldé par un débroussaillage du dossier « Administratif », puis un autre du dossier « Téléchargement » où s’accumulaient pêle-mêle des documents relatifs à l’écriture, au dessin, des factures, des justificatifs, des formulaires — oh, un formulaire de demande de numéro d’assurance sociale… datant de 2011 –, des papiers pour des demandes de cartes de résident permanent (ça s’est fait), de citoyenneté canadienne (ah tiens, ça s’est pas fait, à rajouter à la liste-des-trucs-à-faire, en dessous de « Passer mon permis » qui s’y trouve depuis 2005) et autres mémerdes.

Résultat ? J’ai pas fait mon dossier pour mon nouveau cours et je n’ai pas fini de trier les 673 documents du dossier « Téléchargement ». Mais le dossier « Administratif » a été clean l’espace de deux minutes. Non non, il l’est plus, parce qu’il a pris dans les dents presque deux cents documents appartenant aux téléchargements… Mais sinon, je suis organisée hein, si si !

Procrastination et crise de panique

Y’a des jours comme ça où on ferait mieux de reste au lit. Mais alors vraiment au lit.

D’abord, je me suis réveillée pour recevoir un mail que tout écrivain arbore de recevoir, encore plus au réveil : « Chère Enola Deil, votre nouvelle « Blablabla » n’a pas été retenue pour publication par notre comité de lecture. L’écriture est fluide, agréable, les images fortes et symboliques, mais… nan… malgré les indéniables qualités de votre nouvelle, nous ne l’avons pas retenue. Nous avons apprécié votre style et espérons recevoir d’autres écrits de votre part, et blablabla, salut bonsoir. » Groumpf, génial le réveil.

Next. You’ve got one new mail. Pour faire l’écoute des messages non écoutés… Ah non, c’est pas ça.

« Bonjour Enola, nous avons une urgence, faudrait que tu reprennes le tutorat d’une classe à l’arrache ». Hein que quoi ?? Panique à bord. Une classe moi ?? Savez, moi les classes…

Bon, attendez, je vais vomir, je reviens. Avant que vous ne me jetiez la pierre, barbares que vous êtes, je vous explique. Hem. Ça va, reprends toi, zen. Voilà, mes profs de fac m’ont trouvée très mature pour mon âge. En même temps, sans me vanter (venter ? comme quand il y a du vent ? Bref…), j’ai commencé la fac à 17 ans, j’ai fini à 19 et j’étais pas la meilleure de la classe, mais pas loin. Du coup… tiens, Enola, on a un cours à donner, ça te dit ? Oui, bon ben tiens, deux classes de 30 étudiants en première année de fac quand tu as 19 ans et qu’ils ont ton âge ou plus… ça fout les boules. Depuis je suis devenue studiantophobe (ça existe pas, m’en fiche). Alors reprendre une classe aujourd’hui…

Bon quand même, ça paye et il me faut de l’argent en ce moment. C’pas tout ça, mais un mariage, ça coûte bonbon… Comment ça, je ne suis pas crédible ? Bon, ok, j’avoue, je m’inquiète plus pour mes chats, mes serpents, mes bouquins et mes billets d’avion que pour le mariage. Mais on s’en fiche, c’est pas le propos. Donc, need money! Donc, ok. Et là, re-panique : mais au fait, tutorat, c’est prof ou pas ? Et je dois enseigner ou pas ? Et comment ça marche ? Et c’est qui les étudiants ? Et combien d’heures de cours je dois donner ? Et je dois donner quel cours au fait ? Mouahhhhhhaaaaa je veux pas enseigner !

Mais heu… au fait Enola ? Pourquoi tu as fait un doctorat en Lettres si tu ne voulais pas enseigner ?

Chut ! Je n’y ai juste pas pensé… J’ai juste pris ça parce qu’il n’y avait pas option « écrivain qui publie des best-sellers ».

Bref, une crise de panique plus tard, 40 minutes de téléphone avec ma futur boss qui a joué le mode psy pour calmer mes angoisses, j’accepte de tutorer le cours (non, pas enseigner, c’est un cours en ligne et puis enseigner, moi, hein, vous savez…).

Ensuite, vu que je need cash ASAP, rebelote, 1h au téléphone avec l’université qui me dit que non, je n’ai pas de bourse à recevoir. J’insiste : si si, je la reçois tous les ans en septembre (on est en mars, je sais, j’ai juste procrastiné pour décrocher ce putain de téléphone… je vous ai raconté que le téléphone mord chez moi ?). La préposée au bout du fil vérifie dans son dossier (enfin le mien en l’occurrence) : non, y’a pas de bourse. Mais si, connasse, y’en a une, vu que j’ai déjà reçu la dite bourse par chèque mais que là, je demande juste un duplicata du-dit chèque que j’ai paumé (j’ai procrastiné pour l’encaisser aussi celui là) ! « Vous devez voir avec les études supérieures, parce que nous, on n’a pas de bourse à vous donner ». Je raccroche, je redécroche, recompose le même numéro : « J’ai appelé les études supérieures, ils m’ont dit que j’avais bien une bourse ». La fille revérifie « ah oui, effectivement » (puisque je te le dis, connasse) « on va vous envoyer un nouveau chèque ». Brave bête… t’auras le droit à un nonos.

Et on fait ça comment ? Remplissez ce formulaire : Je soussigné/e blablabla, résidant au blablabla déclare par les présentes (pourquoi « les » au fait ?) n’avoir jamais reçu ni endossé le chèque de l’Université fait à mon ordre en date du blablabla portant le numéro blablabla pour la somme de blablabla… Et heu… si j’ai jamais reçu le chèque, je fais comment au juste pour savoir 1) la date, le numéro et le montant du chèque ???? « Allo, c’est encore moi… je vous ai appelé deux fois cet après-midi… oui, la folle qui a perdu son chèque… » Bon, tant pis, on verra ça un autre jour.

Bon et tant qu’à être dans les démarches administratives, je vais appeler la fac de mon homme pour savoir si oui ou non il a besoin de lettres de recommandation. Pour situer le contexte, étudiant étranger, sur le marché du travail depuis cinq ans, plus de contact avec des profs donc. J’ai une madame au téléphone après x temps d’attente et x transferts parce que « Ah, ce n’est pas notre service qui s’occupe de ça, je vous transferts ». « Je voudrais savoir si ces lettres sont importantes parce que… / Si on vous les demande, c’est qu’elles sont importantes » … Mais va te faire foute connasse !!! Tu permets que j’explique ? « Ah, ce n’est pas notre service qui s’occupe de ça, je vous transferts ». Ok… je vais me pendre avec le câble de mon téléphone. Mais demain, parce que là aujourd’hui, ben j’ai une bêta lecture à faire que je dois faire depuis cinq jours et que je n’ai toujours pas faite.

Et ma mère de m’envoyer un article selon lequel « la procrastination est un échec de régulation de soi-même (autorégulation) qui a beaucoup à voir avec la « réparation de l’humeur à court-terme » et la régulation de l’humeur. » … Allez tous mourir. -_-