La Grande Muraille

★☆☆☆☆ La Grande Muraille – Yimou Zhang – Déjà, la bande annonce annonçait un soap complet. Elle ne s’est pas trompée. Ce film est un blockbuster assis sur son super budget, financé par un Monsieur-j’ai-plein-de-fric-et-je-ne-sais-pas-quoi-en-faire. Bref, c’est naze.

Résumons : deux soldats super bons archers qu’on aurait plutôt vus en tenus de cowboys avec des colts plutôt que des arcs et venus de nowhere débarquent en Chine pour chercher fortune en volant la fameuse poudre noire explosive qui les enrichira. Si rendus là, vous n’avez pas flairé la bonne odeur des clichés, je vous tire mon chapeau. Faits prisonniers en dépit de leur habilité (première incohérence), ils se présentent comme des marchands (deuxième incohérence) aux portes de la grande muraille (comme tout le monde le sait, c’était plus facile à cette époque d’accoster de l’autre bord de la muraille, de marcher pendant des kilomètres et des kilomètres, pour simplement aller frapper à la porte en mode « coucou, on vient marchander de la soie »).

Nos deux zéros découvrent ensuite que l’Empire (lequel déjà ?) est menacé par des bestioles vertes et rampantes vaguement très beaucoup pompées sur les doryphores de La Stratégie Ender, les aliens du film éponymes et les dinosaures de Jurassic Park (ou World). Bref, les bestioles qui mettent l’armée phénoménale en péril depuis des années vont être évidemment repoussées par nos deux zéros, parce que comme tout le monde le sait, la Chine du XIVe ou XVIe siècle n’attendait que deux Occidentaux pour s’en sortir. À ce propos, je vous ai dit que la poudre noire en Occident datait du XIIIe siècle ? On n’en est plus à une incohérence près, pas vrai ?

Bref, Yimou Zhang aurait mieux fait de se contenter d’économiser, parce que ce film est un navet d’un bout à l’autre, qui tente de nous faire avaler la pilule à grand renfort de mauvais trucages (oui parce qu’en plus d’avoir coûté cher, les trucages sont à chier), d’un nombre incalculable de figurants qui ne servent à rien, tout ça pour avoir en bout de ligne six personnages à peu près valables avec à peine un peu de personnalité, mais surtout aucune psychologie et aucune cohérence. Débranchez d’urgence votre cerveau si vous tenez à perdre 1h44 de votre vie. Seule originalité de ce film : le héros (joué par Matt Damon à ce propos, qui aurait mieux fait de s’abstenir) ne couche pas avec l’héroïne (Jing Tian). Cela étant dit, ça prouve juste à quel point le personnage n’a aucune évolution et restera un couillon avide de fric tout du long du film. Mais on n’en est plus à une idiotie près de la part de ce film.

À mettre à la poubelle de toute urgence !

Gotham (série TV)

★★★★☆

Gotham – Bruno Heller – Franchement, je recommande. Certains de mes amis éprouvaient des réticences, mais je n’en ai que du bien à dire. Je veux la saison 3, viteeee. Si les bandes-annonces peuvent laisser dubitatif, la série fait ses preuves avec brio. Les personnages sont vivants, percutants et charismatiques, très humains, avec une mention spéciale pour le personnage du Pingouin, très haut en couleur et de loin le personnage le mieux travaillé. L’action à rebondissements surprend, est dosée de façon à tenir en haleine même si on connait l’histoire par cœur. Elle parvient tout de même à être originale, bien plus profonde que n’a pu l’être le Batman Vs Superman ou les X-men.

La série s’insère sans fausse note majeure dans l’univers des comics et parvient à nous dévoiler des personnages que l’on connait déjà avec succès. L’enfance de Cat et de Bruce, de même que la vie intime de Gordon sont rendues très intéressantes par un scénario bien ficelé, un jeu d’acteurs excellent et un casting, des décors et des effets de style qui m’ont séduite. J’ai retrouvé avec un plaisir indicible le côté sombre d’une ville à la Daredevil et sa construction savante des personnages qui ne sont ni tout noirs, ni tout blancs. On explore ici l’atmosphère glauque et ténébreuse du Chevalier Noir avec le même désir d’explorer les valeurs du cœur et de l’âme.

Une de mes séries coup de cœur dont j’attends la suite avec impatience !

Marguerite et Julien

★★☆☆☆

Marguerite et Julien – Valérie Donzelli – Je ne mettrai pas plus de deux étoiles à ce film qui m’a déçue plus encore que Star Wars (ce qui est peu dire). À dire vrai, c’est le genre de films que j’ai vu en solo et que je ne reverrai pas. Il ne passera même pas en film familial du dimanche soir.

Initialement, le synopsis veut nous raconter l’histoire de Marguerite et Julien de Ravalet, frère et soeur incestueux que la société condamna, puis exécuta quelque part à l’aube du XVIIe siècle. Jusque là, tout va bien. Le jeu des acteurs, quoi qu’un peu simplet, nous montre la dévotion d’une soeur, l’amour inconditionnel qui se forme. On y croit. Les décors, les costumes hésitent entre fin XVIIe, milieu XVIIIe, mais ce genre d’anachronismes passe encore.

Puis ça dérape complètement : hélicoptère et GIGN côtoient allégrement les exécutions à la hache. J’ai lu des critiques qui encensent ce film pour ça. Je veux bien que tous les goûts soient dans la nature, mais là, c’est du foutage de gueule en règle. Non, mettre un hélicoptère dans un film n’en fait pas un film intemporel. Intemporel signifie hors du temps, pas « de tous les temps possibles en même temps ». Il y avait moyen de rendre cette histoire intemporelle, mais déjà fallait-il se libérer des personnages initiaux. Le mélange des époques rend le film grotesque, rompt la perception du spectateur de manière brutale au point qu’on a seulement envie de couper le film en plein milieu et de partir.

À éviter donc, dommage, car le sujet était intéressant et j’aurais bien aimé voir l’histoire de ces deux jeunes gens traitée par un réalisateur de talent.

 

Star Wars 7

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★★☆☆☆

Bon. J’ai vu Star Wars 7, évidemment, à l’avant-première, évidemment, en 3D, dans une salle bondée, dans l’enthousiasme classique et attendu de cet opus non moins attendu.

Et alors, qu’en dire ? Que je suis déçue ? C’est une adorable litote. Je suis navrée, consternée. Donc sans plus attendre, une petite critique.

Acteurs et personnages

Si l’univers de George Lucas a l’avantage de mettre en scène des personnages tout en nuances et en complexité, dénotant par la profondeur de leurs motivations, Disney fait grincer des dents par ses méchants fades et peu crédibles. Les motivations sont légères, peu complexes, peu explicitées. Il en va hélas de même avec certains héros. Si Rey est à peu près bien trouvée comme actrice, elle est prévisible, bien loin de la qualité psychologique d’un Luke Skywalker. Même ses habilités ne sont pas crédibles.

Kylo Ren  est un méchant débile et niais, dont les motivations sont, là aussi, inexistantes et peu crédibles. C’est sans parler du manque de goût flagrant qui a poussé Disney à choisir Adam Driver pour l’incarner à l’écran. Par principe et de par ses origines (qu’on voit venir dès le départ malgré le semblant de mystère qui les entoure), le spectateur aime ce personnage. Mais cet acteur ??? Sérieusement ??? On va devoir se farcir sa gueule pendant trois films après un Mark Hamill ou un Hayden Christensen ? Pitié !

Les anciens personnages ne sont pas davantage crédibles. Pire, ça fait mal au coeur de les voir ainsi. Si leur vieillesse est touchante (et bien rendue), ils ne sont plus que l’ombre d’eux mêmes et cela, en dépit de ce qui aurait pu être fait. En raison d’un scénario pauvre, cela crève simplement le rêve (et le coeur) de tout fan. C’est une mauvaise parodie, un mauvais gag.

Un scénario digne d’un enfant de douze ans

Le problème majeur selon moi est le scénario. J’avais douze ans quand j’ai écrit une fan fic de Star Wars de quelques cinq tomes. Or, j’ai retrouvé dans ce 7e opus pratiquement tous les grands thèmes de l’histoire que j’avais créée à l’époque. J’avais au moins un avantage : je donnais plein rôle aux personnages initiaux, ce que je reproche vraiment à Disney.

En effet, Star Wars 7, c’est une héroïne qui affronte une mauviette dans le cadre d’un monde qui tout en tentant de rendre honneur à un univers trop complexe dont elle ne peut pas tout à fait s’émanciper fait bien peu de cas de ses personnages originaux et s’empresse de les faire disparaître au détour d’une scène, sans même une larme ou un semblant d’émotion. Parce que disons-le, si j’ai accroché à Rey (non sans fausses notes), je ne me suis pas sentie transportée par l’histoire. C’est plat, convenu, prévisible et incroyablement pompé sur l’épisode 4. Ce plagiat est valable pour la gamine de 12 ans que j’étais, qui n’était pas foutue d’avoir ses propres idées et qui n’avait vu le film qu’une fois. Mais ce n’est pas valable pour des professionnels.

En bref, je suis déçue de constater que le scénario comme les personnalités des protagonistes sont du niveau d’une fan fic d’un enfant de douze ans.

Les points positifs

Bon, il y en a quand même : les décors, dignes des épisodes 1-2-3. Un mélange élégant de Naboo et de Tatouine. À croire que Disney, là encore, se raccroche désespérément à ce qui a fonctionné du temps de Lucas, sans chercher une seule once d’originalité. Là encore, l’originalité arrive à la fin du film : des décors bien trouvés pour la scène finale.

De jolis graphismes tout au long du film, même si on a une 3D qui a réussi à me rendre malade (en plein milieu du film, évidemment, sinon c’est pas drôle) alors que je tolère très bien la 3D depuis toujours.

Des personnages secondaires intéressants et attachants, même si là encore, rien que nous n’ayons jamais vu dans les 4-5-6.

Conclusion, la fan inconditionnelle que je suis va retourner couver la trilogie originale. Si je vous recommande le film, ce n’est que par curiosité intellectuelle. N’y allez pas parce que vous avez aimé la trilogie originale et que vous vous attendez à du Lucas. Ce n’est PAS du Lucas. C’est un film Disney, adressé à un public Disney. J’aurais bien davantage aimé qu’on me raconte le parcours de Kylo Ren, tant qu’à avoir un personnage pourri. Disney ferait bien de se réveiller aussi.

La Reine des Neiges

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★★★☆☆

Dernier Disney en date, La Reine des Neiges tombe pile à point pour les vacances des fêtes. Une princesse un peu fofolle et sa soeur, reine discrète qui cache ses pouvoirs qui tiennent de la malédiction, voici pour les éléments clé d’Arendelle, royaume où vivent nos deux orphelines. Victime de ses pouvoirs, Elsa, la reine, va accidentellement geler son pays le jour même de son couronnement. S’en suivront tout un tas d’aventures loufoques au terme desquelles l’amour triomphera, bien sûr.

Un bon film de Noël. De fait, la salle était comble quand j’y suis allée, malgré la cinquième de sortie du film. Avant d’y aller, j’avais revu Anastasia. L’un comme l’autre présente l’une de ces éternelles histoires de princesses qui n’ont de princesses que le nom tant elles dérogent à l’étiquette ou s’amourachent de sans-le-sou, avec ce que cela suppose, chez Disney, de chansons.

Autant le dire tout de suite, malgré la présence de grands dans le public, avides sans doute comme moi de voir l’un de ces dessins animés qui ne sont plus pour les enfants depuis longtemps, La Reine des Neiges ne restera pas dans les annales de l’histoire pour moi. Il est vraiment un film pour les enfants. Et loin des meilleurs Disney… J’ai vu Planes, j’ai vu Monstres Academy (voir la critique ICI), j’ai vu Les Mondes de Ralph… et tous les autres Disney. Avec Raiponce, Rebelle ou Les Mondes de Ralph, je m’attendais à ce que Disney nous donne là un dessin animé alliant la magie d’une princesse comme Raiponce à un monde aussi complexe que celui de Rebelle. Et c’est presque le cas. Je dis bien presque.

 

La Reine des Neiges a plusieurs désavantages par rapport aux films précédemment cités. Moi qui suis midinette au possible et ai les chansons de pratiquement tous les Disneys sur mon iTunes, je suis désolée de vous l’apprendre, mais les chansons de ce dernier Disney sont nulles. Et longues en plus. Après avoir vu Anastasia, dont je connais les chansons par cœur, j’ai été un peu choquée par celles-ci, d’autant quelles sont nombreuses dans la première partie, comme pour combler le vide du scénario qui se met laborieusement en place. La seule qui paraisse intéressante est celle de la Reine, « Libérée » au début de la seconde moitié du film. Les autres tiennent du dialogue plus que de la chanson, ce qui est dérangeant.

 

Côté personnage, si le bonhomme de neige Olaf et le renne sont mignons, les autres personnages ne sont pas vraiment attachants. On passe trop vite sur les trolls qui ont pourtant du potentiel, on fait une fixette sur Anna, la sœur, qui devient de fait le personnage principal sans être l’héroïne. Quant à cette dernière, Elsa, la reine des neiges… c’est autour d’elle que se concentrent toutes mes déceptions. J’ai aimé ce personnage, oh que oui. J’ai été touchée, frappée par sa souffrance, sa peur est venue me prendre aux trippes. Une vraie recherche graphique autour d’elle, Disney a trouvé juste assez de magie pour créer un personnage beau, dans un superbe château de glace, avec des sentiments complexes. Mais… Elle n’est pas le personnage principal. On la voit moins souvent que sa sœur qui n’a à mes yeux aucun intérêt et pas même la carrure d’une vraie princesse Disney. Elsa. C’est Elsa que j’aurais voulu voir se battre, lutter pour s’en sortir, pour trouver des réponses à ses problèmes. Elle est belle, charismatique, un bijou de recherche psychologique, physique, sentimental. Mais non. C’est à sa sœur encore qu’on donnera la possibilité de « sauver le monde ». C’est pourtant le visage et la beauté d’Elsa que retiendront tous les spectateurs, c’est la magie de son château et de ses sentiments dont l’on se souviendra et non celle du triangle amoureux qui gravite autour d’Anna, triangle trop faible à mon goût et trop prévisible.

 

Bref, un film sympa pour les enfants qui y trouveront malgré tout un joli graphisme, des personnages sympathiques, quelques traces d’humour et sans doute une histoire facile, mais qui est simple, classique en somme. Pas un chef d’œuvre, mais un Disney tout de même.

Monstres Academy

★★★★☆

Est-ce que Monstres Academy (ou L’Université des Monstres) m’a séduite autant que Moi, moche et méchant 2 ? La réponse est oui et je lui mets volontiers quatre étoiles car je me suis bien amusée.

Quoi qu’en disent certains, l’esprit Pixar est toujours bien présent derrière ce film qui constitue une sorte de préquelle à Monstres & Cie. L’histoire nous présente donc les années d’université de Bob et Sulli, deux monstres que tout oppose en apparence : l’un est le fils à Papa qui maîtrise la pratique de la peur parce qu’il a ça dans le sang, le second est le fils de personne qui se base à fond sur la théorie pour réussir. De là naissent toutes les rivalités possibles entre eux, rivalités qu’ils devront mettre de côté s’ils veulent se démarquer des cohortes d’étudiants plus doués qu’eux.

C’est une histoire qu’on a vue cent fois dans des films sur les campus américains et les clichés ne manquent pas : professeurs vendus ou rigides, rivalités entre confréries aux dénominations plus ou moins grecques, cours et activités estudiantines, mauvaises nourritures de cafétéria, mise au banc des ratés, traditions de bizutage, etc. Cependant, l’intrigue se sert de ses clichés comme tremplin. Loin d’être une répétition d’un modèle qui n’intéresse plus personne, Monstres Academy contourne les stéréotypes et se les approprie avec une spontanéité charmante. Et c’est là tout l’esprit de Pixar : voir autrement ce que nous avons sous les yeux.

Après avoir revisité le monde des jouets des enfants (Toy Story), les studios Pixar nous présentent donc les peurs des enfants, les monstres des placards et leurs moindres secrets. Si le cadre est peu original, j’en conviens, les personnages sont plein de ressources. La directrice de département rigide et proprement monstrueuse est brillante, savoureuse par son discours et sa crédibilité. Les querelles entre étudiants sont justes, touchantes. Leurs déceptions, leurs espoirs sont les nôtres.

Et dans ce film, c’est bien sûr par l’humour qu’on nous arrache à notre siège pour nous transporter dans le monde de l’émerveillement. Comme souvent, ce sont les petits personnages de seconds rôles qui pimentent agréablement le récit par des scènes enlevées et rigolotes tout au long du film.

L’animation enfin est un pur bonheur. En 3D s’il vous plait, pour le plaisir de certaines scènes, bien que cela n’apporte pas vraiment plus à mon sens, si ce n’est la finesse des détails. On n’en est pas à la finesse des détails que l’on a découvert avec Rebelle, mais l’excellence est presque là, au rendez-vous. Le visuel est coloré, enjoué avant même que les personnages n’entrent en scène et le tout est fluide, très agréable à regarder.

Un autre excellent film à regarder en famille.

PS : non, je ne regarde pas QUE des films d’animation, je le jure !